Plaidoyer pour la jeunesse

Dans le cadre de l’un de mes cours de pré-professionnalisation, j’ai récemment été amenée à rédiger le portrait de l’une de mes camarades. Exercice si plaisant et enrichissant que je me permets, suite à son accord et dans la préservation de son anonymat, de vous le partager.

Alors que la jeunesse est régulièrement mise en cause, présentée comme irresponsable, nombriliste et désinvolte, c’est une toute autre vision que nous donne à voir Laurine, 19 ans, étudiante en double cursus d’histoire et de science politique à Paris 8.

Virée de son école primaire à l’âge de trois ans car elle empêchait ses camarades de dormir, Laurine n’en est pas devenue une délinquante pour autant et s’illustre au contraire par sa droiture et son perfectionnisme. Rapidement contrainte par sa situation géographique à s’autonomiser, c’est seule que cette annécienne aborde de plein front sa nouvelle vie d’étudiante au cours de l’année de 2017 ; et c’est sans chômer que cette dernière réussit à valider brillamment son année. Toutefois, outre son goût pour les études la motivant dans son investissement scolaire, Laurine n’en reste pas moins pragmatique et m’avoue sans aucune gêne être avant tout motivée par la lucidité quand à la nécessité d’obtenir un diplôme de nos jours, pour réussir et s’épanouir professionnellement.

Par ailleurs, Laurine attache également une attention toute particulière à son enrichissement culturel, qui passe à la fois par les livres qu’elle dévore avidement, tel que celui d’Eric Emmanuel Schmidt, intitulé Concerto à la mémoire d’un ange qui l’a beaucoup marqué ; ou bien par les balades qu’elle effectue dans Paris, que ce soit le long des quais de Seine ou dans le quartier latin, lorsque le temps s’y prête.

Soucieuse de l’écologie, comme c’est le cas pour une bonne partie de sa génération sans cesse confrontée aux enjeux climatiques et autres scandales sanitaires, son alimentation se veut en conséquence respectueuse du monde qui l’entoure. De ce fait, malgré les contreparties économiques liées à cet engagement idéologique, cette dernière a complètement bannie la viande de son sac de course et  essaye un maximum de consommer localement.

Toujours aussi affligeante notre jeunesse ? Ou bien victime d’une stigmatisation extrêmement réductrice ?

Pour ce qu’il s’agit des plus récalcitrants, sachez que Laurine s’est également beaucoup investie à titre personnel dans le milieu associatif, apportant par exemple son aide dans le cadre d’Entraide jeune, à deux enfants issus d’une famille kosovare réfugiée politiquement. D’autre part, c’est dans cette même optique qu’elle participe aujourd’hui avec enthousiasme au programme des Cordonniers de la réussite dont la volonté première consiste à promouvoir l’université au près de lycéens volontaires en zone d’éducation prioritaire. A raison d’une fois par semaine, Laurine se rend donc au lycée d’Eugène Delacroix à Drancy pour y organiser des petits ateliers visant à aider ces adolescents parfois perdus, dans leur prise de décision et pour les aider à identifier leurs goûts et envies. Comme de nombreux « jeunes », elle met ainsi un point d’honneur à se rendre utile et souhaite rétablir cette vision si péjorative des banlieues qui n’a de cesse d’empirer en raison du climat de peur qui touche de nombreux pays occidentaux impactés par le terrorisme.

Laurine s’étonne d’ailleurs toujours de ces nombreux clichés peuplant l’imaginaire collectif autour de l’université dans laquelle elle étudie, en raison de son implantation géographique. Contre cet avis commun, elle tiens à mettre en avant la bienveillance qui règne dans cette faculté et se dit même profondément « touchée » par l’atmosphère chaleureuse et tolérante qui s’en dégage.

De nature calme, Laurine, à l’hygiène de vie implacable semble donc bien loin des stéréotypes sur la jeunesse ponctuant le discours de nombreux individus, relayés par les médias à grande écoute, à l’heure où la simple évocation de la jeunesse fait soupirer. Elle incarne à elle seule cette majorité pourtant réduite au silence, d’adultes en devenir qui se cherchent et attachent de l’importance à la découverte ; alors même que personne ne semble susceptible de croire en eux. Une jeunesse qui, aidée par un accès grandissant à l’information, continue de lire et de se cultiver, sans pour autant en oublier ses ancêtres ou se replier sur elle-même à la moindre occasion.

Enora Forestier

Gustave Klimt : « De l’or, des pierres et des femmes »

« De l’or, des pierres, et des femmes », voilà comment Gilles Néret, historien d’art et journaliste, qualifie avec justesse et simplicité l’oeuvre de Gustav Klimt dés les premières lignes de l’ouvrage qu’il lui consacre, aux éditions Taschen.

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Le Baiser (1905)

Gustav Klimt, que j’ai choisi de vous faire découvrir aujourd’hui, à raisons personnelles, est un peintre sécessionniste viennois, dont les œuvres emblématiques, telles que Le Baiser(1905) qui le représente lui ainsi que sa maîtresse Emilie Flög, ou bien encore La Vérité nue (1899), ont rapidement trouvé la renommée qui leur était due ; les élevant dés lors au rang de « classiques incontournables ».

Fils d’un orfèvre ciseleur de métaux précieux, cet artiste né en 1862 et qui figure parmi les plus importants du mouvement Art nouveau, autant dans le domaine pictural que dans celui des arts appliqués, se caractérise à la fois par un style sensuel et décadent, mais est aussi reconnaissable par les nombreuses dorures et motifs floraux dont il avait pour coutume d’ornementer ses œuvres ; ce notamment durant son « Cycle d’or« .

Artiste accomplit, Gustav Klimt est à la fois dessinateur, lithographe, céramiste et décorateur, ce qui lui confère un riche panel de supports pour exprimer son art. Néanmoins ce n’est qu’en 1989, qu’il sonnera son émancipation de l’art officiel viennois, par la réalisation de La Pallas Athéna et où il commencera alors à s’approprier un style qui lui est propre ; devenant ainsi le président de la Sécession viennoise, qui souhaite mettre fin principalement au conservatisme esthético-politique bourgeois. Il devient dans le même temps, l’un des peintres symboliste viennois par excellence, tout en restant proche de l’impressionnisme qu’il adapte à ses besoins et souligne par de nombreuses formes et motifs soumis à une influence des arts égyptiens et japonais.

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Pallas Athéna (1989)

Par ailleurs, ses thèmes de prédilection, qui ne sont nuls moins que : l’amour, la beauté féminine qui fait rage dans les salons richement décorés, le vieillissement ainsi que la mort, qu’il met en scène aux travers de compositions allégoriques hautes en couleur mêlant bien souvent le corps de femmes dénudées aux scènes qui les enjolivent, lui permettent de toucher un vaste public.

Ce sont d’ailleurs ces femmes, reconnaissables entre toutes par leur malicieuse volupté, leur chaire tendre et leurs regards chargés de désir, qui ont forgé toute la renommée de l’artiste,  de part le réalisme à la précision photographique de leur visage, qui leur confère une attraction folle, au milieu de ces fonds déserts de toute présence humaine, et formant comme une mosaïque, tant ils sont précis et stylisés.

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Serpent d’eau II (1904)

Néanmoins, bien qu’elles aient pu ravir et connaitre un vif succès au prés des amateurs d’arts les plus ouverts d’esprits, les œuvre de l’artiste en question ont régulièrement été la source de critique. En effet, Klimt, qui connait sa période d’opulence entre les années 1902 et 1903, a largement été montré du doigt et décrié par nombre de ses contemporains, déconcertés par tant d’érotisme non voilé. Le peintre, régulièrement interpellé à la Chambre des députés était accusé de pervertir la jeunesse par ses œuvres pornographie, pour avoir oser représenter la sexualité comme force de libération ; ainsi que pour peindre des pubis foisonnants, ce qui sonne à l’époque encore comme une véritable proclamation de guerre à l’idée classique, qui exigeaient que les corps nus soient,  en peinture, vierges de toute pilosité.

Toutefois et fort heureusement, Klimt gagnait suffisamment d’argent grâce à ses portraits d’épouses et aux commandes qui lui étaient passées pour pouvoir se permettre de voir ses œuvres renâclées par le public bourgeois et ne pas se plier aux remontrances du Ministère.

 

Pour finir, je vous invite vivement à pousser plus loin cette réflexion en vous penchant sur ces quelques œuvres de Klimt que j’ai sélectionné, à la fois par goût, mais aussi parce qu’elles représentent bien l’ensemble de son art :

  • La jurisprudence (1903 – 07), détruite dans l’incendie du château d’Immendorf, provoqué par des soldats SS en retraite durant la Seconde Guerre Mondiale.

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    Judith I 
  • Judith I (1901), qui associe la mort à la sexualité à la manière d’Eros et de Thanatos, deux personnages mythologiques ayant également beaucoup intéressés Freud.
  • Poissons rouges (1901 – 02) Réalisé en réponse aux critiques virulentes de ses détracteurs où l’on y voit en premier plan une femme accroupie, au postérieur fièrement éclatant.
  • L’espoir I (1903) , dévoilant le corps d’une femme porteuse de vie, entourée d’un halo mortuaire faisant ressortir sa vive clarté, le tout dans son plus simple appareil.
  • Serpent d’eau II (1904), où se mêlent nymphes rousses aux regards envoûtants et dont leur cheveux et toison se mêlent presque sagement aux algues.

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    Danae
  • Danae (1907 – 08), montrant la jouissance amoureuse, au moment même où jailli d’entre ses cuisses la semence dorée, en un symbole de beauté luxurieuse.
  • La jeune fille (1913) ainsi que Les trois âges de la Femme, qui représentent tous deux l’éveil féminin à ses différentes phases.

 

Enora Forestier

 

La supplication : Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse

 

Supplication : Prière instante et humble. Synon. adjuration, imploration, supplique.Supplication ardente, muette. (selon le CNRTL)

La supplication : chronique du monde après l’apocalypse, c’est avant tout un récit de mémoires, plus qu’une description effective des faits comme l’on pourrait s’y attendre.

Ecrit par une femme au style étonnant, cette dernière ne s’exprime pas directement au cours de l’ouvrage mais au contraire donne la parole au biélorusses directement touchés par l’explosion au travers de monologues qu’elle a bien entendu réécrit ; et à moins d’être totalement et inexorablement dénué d’empathie, je vois difficilement comment quelqu’un pourrait ne pas verser une larme en parcourant les pages de cette véritable oeuvre d’art.

 

En effet, on pleure beaucoup en lisant cette supplication. On en pleure dés les premières pages, tant la descente parmi ces mémoires est frontale ; elle l’est autant que l’explosion. Elle nous prend par surprise, au moment où l’on s’y attend le moins et l’émotion est bien trop forte pour pouvoir être contenue ; on ne la contient pas, comme l’on ne peut contenir l’explosion et les radiations qui s’en échappent. Elles s’immiscent dans la vie de tous ; alors on pleure avec cette femme folle d’amour pour son mari qui s’éteint à vue d’œil sur un lit d’hôpital, et qu’elle s’évertue de soigner malgré les avertissements des médecins quand à sa radioactivité.

Puis, l’on apprend tout doucement à passer au-delà de l’effroi pour y voir beaucoup plus que et l’on découvre un peuple magnifique ; car oui, c’est tout un peuple qui a été touché par l’explosion, des villages, des familles, mais aussi des enfants que rien n’épargne. C’est tout un quotidien qui s’effondre, emportant tout un régime dans sa chute. Pourtant, progressivement, on s’habitue, comme tous ces paysans qui continuent à labourer leur champs malgré la radioactivité, tous ceux qui vivent dans des zones hautement contaminés et en connaissance de causes. On en vient nous aussi à vouloir l’écarté de nos mémoires… Mais les conséquences n’en sont pas moindres et le refoulé revient au galop à peine l’a-t-on écarté de nos esprits. Alors, on se retrouve de nouveau et tout aussi brutalement, happés par l’émotion, face à cet autre témoignage venant clore le récit et qui est celui d’une femme de liquidateur qui nous frappe tant par son amour que sa dévotion inconditionnelle envers l’homme de sa vie, contaminé par les radiations.

Et viens alors le temps des questions. On tente de comprendre ce qu’on ne peut qu’entrevoir, on cherche la Vérité et avec elle, on en vient à chercher les coupables. A qui la faute ? Que faire ? Doit-on fuir ou bien rester ? Continuer à manger, semer, enfanter ? Et la maladie ? Comment aurions-nous pu éviter un tel drame ? Autant de questions soulevées par le travail remarquable de cette écrivaine et journaliste biélorusse Svetlana Alexievitch, dont le talent n’est plus à prouver, et on accuse tous ces silences et ces non-dits qui ont pris le pas sur les mises en gardes dans les heures ayant suivies la catastrophes.

En offrant la possibilité à ces hommes et femmes de raconter leur histoire, sans artifice, et avec la retenue qui la caractérise, Svetlana Alexievitch nous laisse entrevoir d’autres aspects de cette catastrophe écologique qui ne sont pas des moindres ; en effet c’est bien un drame humain qui se joue à présent au quotidien pour tous ces hommes et ces femmes, un drame inévitable qui n’épargne pas même les plus amoureux, et qui plus terrible encore… est aussi indolore au premier abord, qu’incolore. Or, comment craindre ce qui ne peut être vu ? Comment vaincre ce qui s’immisce en chacun à la moindre respiration, au moindre contact ?

Mais, néanmoins, malgré le caractère tragique et funeste des événements dont il est question, souvent comparés à une guerre (à juste titre ou non selon les points de vue), cela n’en reste pas moins un récit de vie ; car oui, il y a bien une vie après Tchernobyl, différente certes et teintée d’une atmosphère que même les survivants ne sauraient parfaitement décrire, mais la vie toujours. Une vie qui se doit d’être racontée… et qui se doit d’être lue !

Par ailleurs, cet ouvrage est selon moi l’un des parfaits exemples du caractère exutoire de la parole, et montre bien la difficulté pour les historiens de faire l’Histoire. Une histoire qui soit à la fois unique, et objective tout en s’approchant au plus près de la véracité des faits ; et ce en opérant une circulation entre les mémoires qui par définition sont elles des constructions sociales subjectives et par conséquent multiples.

En définitive, c’est un récit générationnel émouvant qui, sans nous pousser à montrer du doigt tel ou tel parti puisque là n’est pas l’intérêt, nous expose les souvenirs et ressentiments de ceux ayants vécus cette tragédie. Tragédie dont on ne connait d’ailleurs pourtant presque rien, à moins d’être un expert sur le sujet !

Aussitôt devenue un tabou, cette journée du 26 avril 1986 n’en demeure pas moins parmi l’un des plus importants drames écologique et humain du XXe siècle, alors même que l’atome était alors qualifié de « travailleurs pacifiste ».

Au cours de la lecture, nous entrons dans le quotidien d’hommes et de femmes de professions diverses qui partagent le même amour pour leur patrie, et dont les témoignages se font échos et se rejoignent dans un monde de silence. On se prend rapidement d’affection pour ces tiers que l’on imagine sans retenue et que l’on croit presque connaitre. Le temps d’une lecture, nous entrons dans leur monde et ils deviennent tantôt voisins ou bien amis, ce qui fait la force de cet ouvrage magnifique. Au fil des lignes on n’en vient rapidement à partager avec eux leur histoire et leurs pensées comme si elles étaient les nôtres et nous déplorons avec eux les pertes et dommages ; ce qui permet ainsi d’appréhender de manière dépassionnée, ou du moins en ayant envisagé le rôle et la place de chacun lors de l’explosion et durant les années qui ont suivis.

En retraçant l’indicible,  l’incompréhension et la désorganisation qui s’en suivit, Svetlana Alexievitch par le biais de ces éclats de mémoires nous parle d’amour, de vie passée et future, de la mort devenue tabou dans nos sociétés actuelles ; tout en rendant ainsi un hommage incomparable à ces oubliés de Tchernobyl, elle honore par la même occasion, tous ceux ayant donné leur vie pour sauver celle des autres, qu’ils soient pompiers, liquidateurs ou bien encore soldats et qui brilleront pour toujours par leur bravoure.

 

Enora.F

Espace Dali (Paris) – Exposition permanente

L’exposition permanente, pensée et mise en oeuvre à l’Espace Dali, près du Sacré Cœur à Montmartre, offre la possibilité de découvrir à la fois les œuvres, mais aussi l’homme et la personnalité qui se cachent derrière ces dernières.

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Ainsi, l’exposition permanente de l’Espace Dali regorge de nombreuses créations réalisées par l’inventeur des célèbres montres molles ; permettant par conséquent de se plonger sans retenue dans l’univers de ce célèbre artiste surréaliste. L’agencement de toutes ces œuvres, qu’elles soient sculpturales, ou bien picturales, a été pensé de sorte que l’on puisse déambuler entre elles dans une ambiance presque intime, faisant de l’exposition le parcours initiatique le plus ludique que possible pour captiver l’attention des plus petits comme celle des plus grands.

Toutes plus surprenantes les unes que les autres, toutes ces œuvres d’arts prennent de nombreuses formes, bien que l’accent soit mis sur la sculpture qui constitue une place à part entière dans le parcours de Salvador Dali, qui met en volume ses symboles fétiches privilégiés, qualifiés de « daliniens« . Parmi eux, nous retrouvons ainsi la célèbre Vénus de Milo, ornée au gré des envies de l’artiste de tiroirs, le tout agrémenté d’une béquille, signe d’infertilité ; ainsi que ces célèbres éléphants surplombés d’une obélisque et représentés avec de longues pattes à plusieurs rotules.

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Néanmoins ce n’est pas tout, étant donné que l’exposition nous permet également d’appréhender d’autres thèmes marquant ayant jalonnés le parcours de l’artiste, qui s’est beaucoup inspiré de la mythologie notamment, mais aussi de la littérature, de la science et de la religion. Ainsi, en vous rendant sur place, vous pourrez découvrir de nombreuses esquisses, gravures ou encore peintures -dont certaines ont été réalisées à Montmartre même-, qui mettent en scènes des écrits célèbres tels que : Alice au pays des Merveilles, le Marquis de Sade ou encore Roméo et Juliette.

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Par ailleurs, comme annoncé précédemment, cette exposition possède également la particularité d’accorder une place importante à la figure de Salvador Dali, à son histoire personnelle, sa relation avec sa femme Gala, mais aussi à sa personnalité atypique -que je vous laisse le soin de découvrir…- ; de quoi observer et aborder son labeur sous un angle différent et ainsi tenter de combler les zones d’ombres lors de son interprétation, le tout en ayant un recul nécessaire.

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Charmée par les créations de l’artiste mise à l’honneur et par tout l’univers surréaliste qui s’en dégage, je vous conseille vivement de venir découvrir cette exposition à la fois drôle, poétique, voir intrigante ; judicieusement menée par l’Espace Dali. De quoi réconcilier les plus réfractaires avec les expositions, et de quoi initier les plus jeunes à l’art qui pourront déambuler entre des œuvres toutes plus ludiques le unes que les autres, et éveiller leur curiosité ; puisqu’une fois n’est pas coutume, lorsqu’il s’agit d’art, il n’y a pas de solutions mais bien que des questions !

 

Enora.F

Exposition – Au-delà des étoiles, le paysage mystique de Monet à Kandinsky.

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D’aussi loin que je m’en souvienne, je n’ai jamais été attirée par tout ce qui est peinture. Enfant – et même adolescente, j’ai envie de dire -, je ne voyais que peu l’intérêt de cet art, et ne comprenais pas ce que l’artiste voulait – ou non – faire ressortir. En un mot comme en cent : je restais tout simplement insensible à tout ce qui avait trait à la peinture. Pourtant, j’essayais de m’y intéresser un minimum. Encore aujourd’hui, mes lacunes sont plus que gargantuesques, mais je souhaite justement pallier à mon manque de culture au fil du temps, tout du moins, j’essaie.

En janvier 2017, je suis allée à la fondation Louis Vuitton à Paris pour l’exposition Chtchoukine, que j’ai trouvé relativement impressionnante. Néanmoins, s’il y a bien une exposition qui m’a marquée, c’est bien celle qui se trouve actuellement au Musée d’Orsay.

Le samedi 20 mai 2017, alors que ce n’était absolument pas prévu, j’ai fait la nocturne du Musée d’Orsay. C’était pour moi la première fois que je visitais ce musée. Bien évidemment, je n’ai pas eu le temps de tout faire, mais le peu de visité ne m’a donné qu’une seule envie : revenir. Mais surtout, j’en ai profité pour faire l’exposition Au-delà des étoiles, le paysage mystique de Monet à Kandinsky. Et j’ai été tout simplement bluffée.

Cette exposition se trouve au Musée d’Orsay depuis le 14 mars 2017 et restera présente encore quelques semaines – jusqu’au 25 juin 2017.

Moi, qui généralement reste plutôt insensible à la peinture, j’ai été subjuguée par cet art et par tout ce que ces tableaux dégageaient de magique (oui, magique, c’est tout à fait le mot). Des paysages à pertes de vue qui m’ont fait passer à travers un autre monde.

 » Le paysage apparaît alors aux artistes comme le support privilégié de leur quête, lieu par excellence de la contemplation et de l’expression des sentiments intérieurs.  » (passage tiré de la description du site du Musée d’Orsay)

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Ciel (Sky) 1935-1936, Emily Carr

J’ai tout simplement été surprise par tant de beauté. Les tableaux d’Emily Carr, comme celui du Ciel, m’ont totalement marquée. J’ai trouvé qu’une force se dégageait littéralement de ces tableaux, et je ne m’attendais pas à être autant touchée par cela.

 

J’ai aussi pu apercevoir l’un des tableaux de la fameuse série Les Nympheas de Claude Monet et en un mot : im-pre-ssio-nant, et j’ai aussi pu voir Nuit Etoilée sur le Rhône de Vincent Van Gogh.

  • Tableau 1 : Nocturne au parc royal de Bruxelles, William Degouve de Nuncques.
  • Tableau 2 : Starry Night, Wenzel Hablik
  • Tableau 3 : L’amour aux sources de la vie, Giovanni Segantini.

Je n’ai qu’une seule chose à vous dire : foncez découvrir cette exposition ! Vous en ressortirez des étoiles pleins les yeux.

Louise.

Adelphes – Nous étions Mutants, de Léonie Casthel

Dans cet article, nous reviendrons sur l’autrice et metteuse en scène de talent Léonie Casthel, et sur sa dernière publication qui n’est d’autre que Adelphes – Nous étions mutants, aux éditions Lansman (2014) ; couronnée la même année par le prix des lycéens des pièces inédites (l’Indithéâtre)

Léonie Casthel, titulaire d’un baccalauréat en littérature option Histoire des Arts, Latin et Cinéma, poursuit ses études en Lettres Modernes et en Lettres Scandinaves à la Sorbonne, avant de poursuivre ses études à Berlin. Fervente militante et autrice de talent, Adelphes – Nous étions mutants est sa deuxième pièce de théâtre contemporain ; et il me tenait à cœur de vous la faire partager tant cette histoire conjugue habilement pluralité des genres et des trajectoires qui s’unissent et se désunissent au gré de l’histoire. Ces écrits, qu’ils soient lus ou déclamés sur scène nous invitent ainsi à la réflexion, tant ce dont il est sujet et les interrogations relevées trouvent un écho dans notre société actuelle.

Les propos sont forts, sans pour autant être agressifs, l’autrice nous encourage de ce fait vivement à aimer et accepter sans modération chaque différences en l’autre, faisant par la même occasion évoluer les mentalités.

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 « Depuis leur départ du foyer familial, Camille et Romane vivent ensemble, dans le cocon de leur singularité, qui est leur force et leur malédiction. Lorsque Camille s’en échappe pour vivre sa propre vie, elle fait la rencontre d’Alexandre et Julien, mais ce dernier la rejette violemment dès qu’il apprend sa particularité. Romane, qui étouffait sa sœur de son amour jaloux, apprend à s’ouvrir à d’autres amours.

Une histoire d’amours et de genres au pluriel. »

La quatrième de couverture officielle nous dévoile avec justesse ce dont il est question dans cette pièce et dont le contenu nous rend compte avec brio de la difficulté à affronter à la fois son propre jugement et le jugement de l’autre sur ce qui nous caractérise ; mais aussi en évoquant la question de la catégorisation des individus et les vicissitudes dont elle est la cause.

Au fond… Cette pièce ne parle de rien de moins que de l’amour, qu’il soit celui que l’on se porte, celui que l’on porte à ses adelphes, ses amis ou encore à son amant.e.

En somme, j’ai pour ma part largement été séduite aussi bien par le fond que par le rythme et l’écriture de cette fabuleuse autrice et je me dois de dire que cette pièce de théâtre m’a profondément marquée.

Ainsi, seul bémol au tableau… la difficulté à pouvoir trouver cette pièce en librairie traditionnelle ! Personnellement, il m’a fallut près de cinq tentatives dans plusieurs grandes enseignes avant de pouvoir enfin le commander ; commande qui a mis près d’un mois à m’être délivré.

Alors avis aux courageux, sachez que pour les amateurs de théâtres, vous ne serez pas déçus, tant cette pièce brille par sa délicatesse et sa spontanéité.

Par ailleurs, nous vous invitons également à lire et à relire son autre pièce intitulée « Fugue en L mineure » et à vous délecter du style de la dramaturge en suivant l’histoire de ELLE, jeune fille de quinze ans qui avance et commence à comprendre ou du moins saisir tous les enjeux que posent ce monde d’adulte vers lequel elle se sent attirée,  bien que coincée entre un père aux injonctives sexistes, une mère dépressive et une sœur qui en pleine effervescence se trouve être obnubilée par le genre opposé.

Cette pièce qui se pose elle aussi en un parcours initiatique en terre inconnue, est jalonné par de nombreuses questions autour de ce qu’est être et devenir une femme.

De quoi remettre en question les adeptes de la théorie d’un « sexe fort » une bonne fois pour toute.
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Enora.F